Téléchargez la page "Les directives anticipées : opportunité d'un dialogue"

Les directives anticipées : opportunité d'un dialogue

Et si je n’arrivais plus à exprimer mes besoins ?
Peut-on faire confiance à ceux que l’on aime ?
A qui appartient le mort ?


Les directives anticipées sont l’expression écrite des souhaits d’une personne au cas où elle perdrait sa capacité de discernement. Elles couvrent surtout le type de mesures médicales, qu’elle approuve ou non, en cas de grave maladie et / ou de fin de vie. Leur rédaction pourrait à moyen terme devenir un passage obligé avant d’entrer en institution. Les directives anticipées sont modifiables, annulables en tout temps par la personne qui les a datées et signées. Pour les remplir, un entretien avec un conseiller, son médecin traitant par exemple, peut s’avérer précieux et est donc vivement recommandé.

Les directives anticipées abordent en premier lieu le champ médical. Elles permettront à l’équipe soignante de suivre les souhaits du patient, surtout si elles contiennent des précisions sur le sens donné à la vie, ainsi que sur des valeurs et croyances personnelles. Il sera ainsi possible de respecter la dimension spirituelle de cette personne. Complétées par les désirs de la personne en vue de ses propres funérailles, les directives anticipées sont un bon outil pour communiquer avec ses proches sur un sujet trop souvent tabou.

De nombreuses associations et institutions proposent diverses formes de directives anticipées allant de la simple feuille A4 à la brochure de 32 pages. Citons pour exemple les documents de Pro Senectute ou de la Fédération des médecins suisses (FMH). Des adresses sont disponibles dans le complément ci-dessus.

Jacques Wacker, médecin
Gérard Berney, aumônier



  • CAFÉS MORTELS - SORTIR LA MORT DU SILENCE, Bernard Crettaz, Labor et Fides, 2010



















  • Souhaits dans les directives anticipées

  • Avant la mort : dispositions sur la réanimation, l’interruption des traitements, représentant thérapeutique.

  • A la mort : don d’organes.

  • Après la mort : cérémonie, crémation, sépulture ou lieu de dépôt des documents.






  • Complément "Directives anticipées"



    La tyrannie mortuaire

    Sans contester le bien-fondé des directives anticipées et le soulagement que la personne qui les remplit peut ressentir, je me permettrai d’y mettre un bémol. Mon expérience, au contact journalier avec des endeuillés, en particulier, m’incite à la nuance. L’idéal est de pouvoir faire confiance à ceux que l’on aime ; car avec eux, bien avant cette dernière étape, nous aurons pu exprimer nos besoins et nos attentes réciproques, dans un partage empreint de vérité et d’authenticité !
    Le contenu des directives anticipées devrait être partagé au grand jour plutôt que glissé discrètement dans une enveloppe jaunie, à n’ouvrir qu’au moment de son décès.

    Parmi les très nombreuses confidences que j’ai eu le privilège de recueillir, je citerai ce vécu douloureux : « Je suis allée disperser les cendres de mon mari dans la nature, selon son désir… et cela m’est insupportable ! » Je plaide donc pour un dialogue avant, afin que les survivants puissent reprendre pied dans la vie, sans oublier leurs défunts. En effet, nous dit Yvonne Preiswerk, anthropologue : « Quoique les morts aient dit de leur vivant, c’est en définitive aux vivants de choisir ». Ainsi nous nous libérerons de la « tyrannie mortuaire » et de la culpabilité qui peut lui être associée pour reprendre l’expression forte de l’ethnologue Bernard Crettaz.

    Gérard Berney, aumônier